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    Ces dernières années sont marquées par le renouveau de la culture berbère. Pourtant, il est toujours aussi difficile de réunir une thématique sur la Kabylie, région d’Algérie majoritairement berbère, l’autre composante berbère étant les Chleuhs du Maroc. Que ce soit lors de l’occupation française ou bien maintenant, au sein de l’Algérie, cette culture minoritaire a peu l’honneur de timbres-poste. Et la politique d’arabisation forcée de l’actuel gouvernement n’arrange pas les choses.

    Pourtant, les Berbères sont présent depuis longtemps, Salluste, historien romain, raconte la guerre contre le roi de Numidie, Jugurtha (en portrait sur une monnaie ci dessous). Il résista 7 ans à la conquête romaine, entre 111 et 105 av JC.

    L’un des plus grand penseur de l’antiquité, Saint-Augustin, auteur entre autres de « La cité de Dieu » était un Berbère de Kabylie. Il est né à Souk-Ahras en 354, mais a vécu à Annaba (l’ Hiponne romaine) où il est mort en 430. Il est l’un de ceux qui ont fixé la doctrine de l’église catholique. Son influence fut immense sur toute la vie religieuse occidentale jusqu’à la Renaissance.

    La culture berbère est très ancienne et s’appuie sur le Tamazight, leur langue, dont l’origine est aussi ancienne que le latin. Comme l’Arabe, qui est une cousine plutôt qu’une sœur, elle fait partie des langues chamito-sémitique (ou afro-asiatique), mais par contre, ne fait pas partie du groupe des langues sémitiques (qui comprend entre autres l’Arabe, l’Hébreu ou l’Araméen). Elle indique que ses locuteurs ont sans doute peuplé le Sahara lorsqu’il était vert et se sont repliés vers l’Afrique du Nord ou la boucle du Niger, quand il s’est asséché. Ce sont certainement les plus anciens habitants d’Afrique du Nord

    Géographiquement, la Kabylie occupe une région montagneuse à l’est d’Alger entre mer et désert. Elle très densément peuplée (plus de 5 millions d’habitants), et caractérisée aussi par une forte diaspora. L’agriculture est encore prépondérante, et l’artisanat (tapisserie, orfèvrerie) très développé. la région est peu industrialisée, sauf autour du port d’Annaba (ci dessus).

    Culture kabyle : de la tradition vers la modernité

    Depuis un vingtaine d’année la culture Kabyle explose et se fait connaître dans le monde, soutenue par une importante diaspora, surtout en France. Loin de se replier sur elle-même, la culture kabyle puise dans son fond traditionnel pour inventer une nouvelle expression kabyle moderne, en phase avec la société de maintenant. On pense bien sûr, à Idir, à Lounes Matoub. Un seul poète kabyle a eu l’honneur de se voir sur un timbre : Mohand U M’hand (1845 ? – 1906) est le chantre de la Kabylie. Poète errant de villes en villages, il a su rendre le désarroi de cette période de conquête coloniale et incarner la poésie kabyle résistante.

    Et la philatélie ?

    La série des blasons nous aide un peu à compléter notre exposé, avec ceux de Bône (Annaba), et Tizi Ouzou. Mais la moisson est bien maigre. Quand on regarde les timbres de cette page, on a l’image d’une société traditionnelle, et on a de la peine à imaginer le foisonnement de la culture kabyle contemporaine. Dommage, car malgré les épreuves qu’elle traverse actuellement, entre islam radical et tentative d’arabisation (qui vont souvent de paire), la Kabylie mérite mieux, ne serait-ce que philatéliquement parlant.



    Cet article a été lu 2352 fois, et mis en ligne le 22 janvier 2008.

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